Lien entre les cisterciennes de Saint-Pons et les béguines de Roubaud
Dame Douceline et Dame Garcende, fondatrices au XIIIème.
Nos recherches depuis 2019 sur les pas des Béguines de Provence nous ont fait rencontrer Douceline, fondatrice des « Maisons Roubaud », premières communautés de béguines en Provence : à Hyères, Marseille et Aix en Provence dès 1240.
Nos découvertes actuelles portent sur le lien entre les cisterciennes de l'abbaye de Saint- Pons, première branche féminine cistercienne fondée par Garcende en 1205 et les béguines de Roubaud. De Saint-Pons essaimeront trois filiales : Mollégès 1208, Hyères (l'Almanarre) en 1220 et Marseille, notre Dame de Sion en 1242.
Les cisterciennes sont des religieuses obéissant aux règles de la clôture ; les béguines sont des laïques insérées dans la ville. Même foi, même dévouement, ce sont aussi des femmes d'action, gestionnaires, devant gérer domaines et établissements. Elles se croiseront souvent dans leurs services aux plus démunis.
Mêmes inquiétudes aussi. Après un siècle florissant pour ces femmes engagées, les brigandages et la peste sévissant en Provence milieu du XIVème siècle les obligeront toutes à quitter leurs lieux pour plus de sécurité en allant à l'intérieur des remparts de la ville comme à Marseille après la destruction des faubourgs en 1357.
C'est comme cela que les cisterciennes quitteront Saint-Pons et viendront s'installer pendant plus de 40 ans à côté des Béguines de Roubaud, place de Lenche à Marseille. La rue Saint Pons en garde l'heureuse…Mémoires d'Elles, à l'angle du glacier du Roy.
Comme cela aussi que nous nous sommes retrouvées 12 personnes ce lundi 8 Décembre 2025 à Saint Jean de Garguier et au parc de Saint-Pons, en compagnie de Claude Sérieys spécialiste de Gémenos pour nous guider chaleureusement sur leurs pas bénis. Merci Claude !
Viviane-Marie Vieux,





C'est le 20 avril 1205, jour de ¨Pâques, que Dame Garcende se retire dans le vallon de Saint-Pons, avec l'accord de l’évêque de Marseille et du Chapitre des Chanoines de sa cathédrale. Elle veut y établir une communauté de moniales. Pour ce faire, elle reçoit en dotation les revenus de plusieurs églises : l'hospitalité et le pèlerinage de Saint-Jean-de-Garguier, la chapelle paroissiale Saint-Martin de Gémenos-le-Vieux et le pèlerinage de Saint-Clair. La prospérité de l'abbaye de Saint-Pons, mise sous la dépendance de l'abbé cistercien du Thoronet, est rapide et justifie la création de trois "filles" qui seront évoquées ci-dessous.
C'est avec solennité, toujours guidés par notre ami Claude Sérieys, qui nous pénétrons dans le parc de Saint-Pons, sur les pas de Dame Garcende et de ses moniales et sommes pris par la mémoire et la beauté des lieux : le Fauge qui nous conduit, sa source, l'abbaye toujours si majestueuse et sa nature magnifique l'environnant. Profondeur et silence des lieux... Respect et gratitude se confondent !





Avec l'autorisation exceptionnelle du responsable du parc que nous remercions, et garce à notre guide Claude Sérieys, nous entrons émerveillés dans l'abbaye de Saint-Pons ...








Lien entre les trois "Filles" de l'abbaye de Saint-Pons et les Béguines de Roubaud
* MOLLEGES (près d'Arles)
C'est Sacristane de Porcellet qui fonde en 1208 l'abbaye cistercienne de Mollégès dont elle deviendra en 1218 la seconde abbesse. Elle est la sœur de Philippine de Porcellet qui rejoindra le béguinage de Douceline à Marseille, en deviendra la seconde responsable à la suite de Douceline fondatrice, et écrira « La Vie de sainte Douceline », appelée sainte Mère des Dames de Roubaud.
* SAINT-PIERRE DE L'ALMANARRE à HYERES; abbaye fondée en 1220.(sur le site d'Olbia)
Douceline arrive à l'âge de 16 ans à Hyères, soit en 1230. Elle va chercher pendant une dizaine d'années sa vocation qu'elle trouvera suite à une vision bien explicitée dans le livre de Sa Vie. On comprend que, comme le note le père Thoumyre, premier curé de l'église du Pyanet à Hyères, dans son livre p51 : "Elle devait connaître les cisterciennes du couvent de Saint-Pierre de l'Almanarre ; ces dernières avaient une bonne réputation et à ce moment là, la Mère Carla était vénérée de tous".
* NOTRE-DAME DE SION, abbaye cistercienne fondée en 1242 à Marseille, installée dans un hôpital de La Plaine, Saint-Michel des Ytiers ( des passants, des pèlerins). Douceline fonde autour de 1250 à Marseille. Même sacerdoce pour Les Dames de Roubaud et Notre Dame de Sion. Elles se sont fréquentées, ont partagé : leur sacerdoce étant le même, le soin aux malades, aux pauvres, et aux passants démunis… Lors de la mort de Douceline, 1 septembre 1214, elles sont présentes comme l'atteste la lecture du livre de La vie (page 95) : "Les Dames de l'abbaye de Sion furent là, et veillèrent toute la nuit".
L'abbaye Mère de Saint-Pons connaîtra le même sort. Les moniales et leur abbesse seront obligées de quitter leur domaine vers 1257, pour cause d'insécurité, manque d'argent, la peste de 1248 qui décime la population, la guerre et les brigandages entraînant des pillages. Elles vont alors rejoindre leur communauté de Marseille et vont se retrouver côte à côte avec nos chères béguines de Roubaud, obligées elles-aussi de quitter leur faubourg hors les murs. Leur proximité durera plus de 40 ans.
Quand les cisterciennes reviennent à Saint-Pons en 1407, elles sont peu nombreuses, ne peuvent assumer abbaye et domaine ; elles partent rejoindre la communauté de l'Almanarre retranchée à l'église Saint Bernard près du château d'Hyères. L'abbesse deviendra abbesse de Saint Pons et de l'Almanarre.
Voilà une belle histoire de reliance !

Joie de cette radieuse journée de 08 décembre 2025, sur les pas de Dames Garcence et Douceline, organisée par notre association "Mémoires d'Elles".
